L’Afrique, nouvel Eldorado numérique : à quel prix ?

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L’Afrique, nouvel Eldorado numérique : à quel prix ?

Message  morales le Jeu 5 Déc - 17:26

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Vu depuis les nouvelles technologies, le discours sur l’Afrique est étonnamment unanime et fait de ce continent un cas intéressant. Alors que dans l’ensemble du monde, la connexion 0 Internet s’est d’abord faite sur des ordinateurs, via des câbles, avant de migrer doucement vers les terminaux mobiles (smartphones et tablettes), l’Afrique suit une voie différente. L’étape de l’ordinateur a été sautée et c’est via le téléphone mobile qu’Internet est en train de pénétrer en Afrique.

Les chiffres sont frappants, c’est le journal Le Monde qui les donnait récemment. Alors que les connections mobiles représentent 10% du trafic web dans le monde, elles atteignent 60% au Zimbabwe ou au Nigeria (au Kenya, 99% des abonnements à Internet sont mobiles). La raison : des infrastructures télécoms fixes très lacunaires qui font que, quand la connexion par câble est possible, elle est d’une lenteur légendaire.
Winston, le pigeon plus rapide qu’Internet

En Afrique du Sud, par exemple, l’adjectif « slow » est l’épithète homérique d’Internet. A tel point qu’il y a quelques années, une entreprise sud-africaine, excédée par la lenteur de la connexion ADSL du principal fournisseur d’accès du pays (Telkom), avait décidé de faire parcourir 80 km à 4 gigas d’information par deux moyens différents : Internet et un pigeon voyageur du nom de Winston (une carte mémoire fixée sur sa patte).

Winston le pigeon a mis deux heures. A son arrivée, seuls 4% des 4 gigas avaient franchi la distance par Internet. Cette petite histoire avait fait du bruit à l’époque.

Aujourd’hui, c’est le potentiel de l’Afrique qui est mis en avant, potentiel qui passe par le mobile donc, car le taux de pénétration est encore suffisamment faible pour espérer une forte croissance (ce taux oscille autour de 15% et se concentre dans les villes).
Microsoft, Nokia, IBM, Google... la ruée

Les grandes entreprises du numérique mondial ont déjà investi le continent. Microsoft s’est allié à une entreprise africaine pour fabriquer des smartphones à bas prix, Nokia finance des incubateurs de start-up dans tout le continent (Afrique du Sud, Nigeria, Kenya, Egypte), IBM a des bureaux dans vingt pays, Google travaille à sa traduction dans les principales langues africaines. Sans parler des entreprises chinoises qui vendent des clés 3G à bas prix.

Ces entreprises tablent sur une croissance forte des usages parmi une population très jeune, qui les adopte facilement. Quels usages ? Des usages dont le téléphone portable, même non relié à Internet, a montré qu’ils avaient aussi un fort potentiel de développement :

des services de transfert d’argent ou des plateformes informant l’agriculteur du prix de ses produits sur les marchés de la région ;
des outils pour la santé à distance ou l’éducation dans les campagnes reculées.

A en croire la littérature sur le sujet, l’Afrique est donc le nouvel Eldorado du numérique.
Des mines du Kivu, on ne dit rien

Un discours que l’on trouve aussi bien chez des start-upers africains, que chez Eric Schmidt, le patron de Google de retour d’une semaine en Afrique, que dans une étude tout récemment publiée par le cabinet McKinsey.

J’avoue être frappé par l’unanimisme de ces discours, et j’avoue être étonné par le fait que d’autres aspects ne sont jamais abordés. Par exemple, les minerais nécessaires à la fabrication de nos outils numériques (terres rares, coltan, cassitérite…). Aujourd’hui, nous sommes largement dépendants de la Chine qui est le principal producteur et exportateur de ces matériaux. Mais ces minerais sont présents dans le sol africain, et à mesure que la demande mondiale croit, les ressources africaines sont convoitées. Ce qui n’est pas sans conséquence : le contrôle de mines de coltan du Kivu a été une des causes de la guerre civile en République du Congo et certains sont allés jusqu’à émettre l’hypothèse que de grandes multinationales avaient intérêt à une instabilité lui permettant l’acquisition de ces minerais à bas prix.

Où les questions politiques et les vieilles relations avec l’Afrique refont surface. De tout cela, on ne dit rien quand on parle de la révolution numérique à venir en Afrique, ce qui empêche de se réjouir totalement de ce nouveau modèle tant vanté par ailleurs.
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Re: L’Afrique, nouvel Eldorado numérique : à quel prix ?

Message  Mongo Elombe le Ven 4 Avr - 13:50

On est toujours en retard, nous avons des africains capables mais ce sont les autres qui s'implantent et qui s'enrichissent.

Nos dirigeants pour eux les capitales font le pays ors il faut des structures pour que même au fin fonds des pays ont puisse être connectés où téléphonés.

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